Divinités
et Religions
Par Eusiphore
Maniquéin, théologien.
Que
l'on eût dit jadis qu'une divinité fût par le passé un être mortel élevé
au rang de dieu paraîtrait, à mon esprit, une interprétation fort peu
probable d'une réalité bien existante, soit celle de l'existence de puissances
supérieures. Un raisonnement tenant plus de la raison que de la
personnification se révélerait d'une exactitude fort plus réelle. Un tel
raisonnement pourrait faire office d'une source bien plus intéressante de
connaissances qu'une observation de surface comme le prônent ceux daignant
encore croire en une élévation du mortel vers les cieux.
Envers
vous, dans ce traité théologique, ma mission première sera de tenter de
cerner le vraisemblable de l'invraisemblable en ce qui a trait aux divinités,
aux diverses religions et aux croyants de ces diverses religions. Rude pourrait
être cette tâche, quoique, en toute humilité, je me sens d'attaque pour faire
comprendre la raison à la vaste majorité des peuplades de Profania. Or, il est
évident que je ne puisse rejoindre tout élément de ce vaste domaine qu'est la
théologie en ce traité, il sera donc à vous, désireux du savoir en
profondeur, de faire les recherches pouvant vous faire parvenir à vos fins.
La
vaste majorité des croyances religieuses, ne nous le cachons pas, car il est
inutile de mentir à notre propre personne, viennent généralement du fait
qu'un être mortel eut observé dans sa vie un élément tirant du miraculeux,
voir de l'étrange. Car en toute logique, qui irait porter foi à une puissance
dont il n'aurait jamais vu et entendu une réalisation quelconque. De telles
religions vouant cultes à ce genre de faussetés sont généralement dénommées
sectes et leurs membres ne tirent que rarement des pouvoirs tenant du magique.
Afin de percevoir des manifestations tangibles d'une divinité, ses membres
doivent inévitablement utiliser leur foi en celle-ci pour canaliser un influx
(dont la source ne m'est que très peu connue, peut-être s'agirait-il de la
divinité elle-même) de nature divine en un sortilège donné. Le problème de
la véracité de la foi vouée aux organisations sectaires se fait percevoir
lorsque en bout de compte, le fervent fidèle ne peut obtenir aucune récompense
pour ses efforts de croyant.
Il
est dit, voir même prouvé, que plus le croyant est fidèle et actif, plus il
obtiendra une récompense de nature magique (s'il a été conditionné pour
parfaire les rituels menant à de tels pouvoirs). Par corollaire à cette
preuve, un lien étroit entre le fidèle et sa divinité doit s'opérer afin que
l'influx puisse arriver à terme, ici le fidèle. Il ne serait pas faux, par
contre-proposition, d'affirmer qu'une divinité tire une puissance non-négligeable
en retour de cet influx. Une étude de la probabilité de la causalité des
sortilèges lancés par le fidèle démontre nécessairement que le fidèle
donne quelque chose en retour à la source du pouvoir, ici la divinité vénérée.
Le système d'action réaction s'opérant en cette situation nous informe donc
du fait que la divinité vénérée obtient un quelque chose, dont je ne puisse
nommer exactement, en échange des pouvoirs conférés au croyant investissant
son temps pour la divinité en question.
Selon
certaines études, auxquelles j'ai eu la chance de collaborer en des temps antérieurs,
il aurait été démontré (démonstration dépassant le niveau de cet ouvrage)
qu'en cas d'échange entre le fidèle et sa divinité, un risque de surcharge
pourrait se faire percevoir. Toute forme de vie comporte des limites régîtes
par un certain nombre de bornes, de quotas à respecter. Il fut observable, par
le passé, des cas démontrant une dépendance farouche envers le pouvoir conféré
par l'influx divin provenant de l'implication dans un ordre religieux. Toujours
selon ces études, il aurait été suggéré, que, par le même processus
cognitif, une divinité pourrait ressentir ce même sentiment de dépendance
face à son fidèle, or, il est clair que ce sentiment serait d'une puissance bénigne
face à un seul fidèle. Par contre, lorsque des mouvements de masses se font
ressentir au sein d'une population donnée vouant un culte particulier, il ne
serait pas invraisemblable de croire qu'une divinité pourrait en tirer une
certaine dépendance. Les effets de sujétion de la part d'une puissance divine
ne sont que très peu connus par les individus mortels, certains éléments de
compréhension nous sont tous simplement inaccessibles, vu notre différence
tant physiologique que mentale. Logique serait-il de présager des variations
dans l'influx passant entre la divinité et les croyants, des perturbations dans
la sphère d'influence de la divinité et autres changements brusques et imprévisibles
pour nous, peuplades de Profania.
De
façon obligatoire, une divinité se doit d'avoir une sphère d'influence
quelconque si elle veut détenir un minimum de pouvoir sur les landes de
Profania. Cependant, il n'est pas faux de croire qu'il existe des divinités
sans sphères précises, mais avec de vagues bribes directrices. Afin de
comprendre le comment de l'obtention de ces sphères d'influences, je devrai me
pencher sur un sujet un peu plus ésotérique que la théologie conventionnelle,
il est très important d'avoir une bonne compréhension de ces notions pour
comprendre le contact qu'il peut y avoir entre le " monde " des
divinités et celui des résidants de Profania, soit le notre, soit dit en
passant.
L'existence
de formes de vie est bien plus vaste que ce que nous pouvons percevoir par le
biais de nos sens, si le hasard veut que nous ayons eu certains outils
physiologiques nous donnant une perception du monde, il est fort probable que
d'autres formes de vie puissent avoir été dotées d'outils corporels différents
les laissant dans une réalité autre, mais non différente. Ces distinctions de
réalités du monde sont généralement connues sous le nom de plan. Les différents
plans ne sont perceptibles que lorsque l'on est doté de sens pouvant nous les
représenter mentalement. À ce titre, il est tenu pour compte qu'il existe
autant de plans que de représentations de ceux-ci, les entités vivantes voient
et se représentent mentalement ce qu'elles peuvent bien voir. Généralement,
les différents plans sont peuplés d'une flore et d'une faune caractéristiques,
se détachant parfois de l'aspect que l'on pourrait imaginer d'une forme de vie.
Par exemple, la flore de certains plans pourrait ne pas avoir d'enveloppe
corporelle telle que nous l'entendons en ce plan, il n'est pas rare de n'avoir
aucune trace, voir aucune preuve de certains mouvements se déroulant en
d'autres plans, même si ces mouvements ont lieu à quelques mètres de nous.
C'est précisément cette faute de preuve et de tangible qui rend les recherches
en ce domaine si peu fructueuse.
Considérant
le fait qu'il n'y ait aucune divergence de monde, mais seulement de plan, il est
souhaitable de ne pas mettre de côté la présence d'interactions entre les
différents plans. En fait, il existe deux types d'interactions entre les plans,
la première consistant en un recoupement des sens impliqués dans certains
plans. Par exemple, il fut étudié que le royaume des, communément appelé,
morts-vivants consisterait en une essence de vie fort différente de la nôtre
et interpellant l'usage de sens nous étant tout à fait inconnu afin de
remarquer les vastes nuances les formant. Car, tout ce que nous pourrions
apercevoir de cette forme de vie, c'est un mort, mais animé. À ce sujet, je ne
me risquerai pas d'établir formellement le parcours de l'âme après la mort,
mais il me paraîtrait tout à fait justifié de croire que la mort constitue un
transfert de plan d'une entité vivante. Le plan connu comme celui des
morts-vivants ne pourrait être qu'un entre-deux, duquel une âme en peine
aurait été coincée pour une raison ou une autre. La deuxième interaction
pouvant survenir entre différents plans serait celle faisant appel à une
faille. Une faille de plan, par définition, n'est rien de plus que l'ouverture
momentanée d'une brèche entre deux ou plusieurs plans. Lorsqu'une entité
tente de pénétrer dans une brèche de plan, plusieurs scénarios peuvent se
produire. L'un pouvant être l'annihilation complète et totale de l'entité
tentant de faire le voyage, un autre pouvant être la matérialisation de
l'entité en une similitude biplanaire, nommée réplique de plan, un autre
pouvant être la fermeture immédiate de la brèche derrière le voyageur téméraire
(à noter que ce scénario se produit seulement avec des failles de faible
puissance), etc.
L'usage
de failles entre plans peut avoir plusieurs desseins. Le plus commun étant le
transfert de force par un influx, dit divin par certains, dit magique par
d'autres. Afin de comprendre le pourquoi de ce transfert, il faudra faire un
bref saut à la substance même de la création de religion au sein de notre
plan (notre plan porte le nom de plan matériel). La religion n'est autre que la
croyance en une force supérieure à la nôtre. Les êtres du plan matériel
sont, à mon humble avis, les seuls ayant besoin d'avoir la conviction de
l'existence d'une puissance supérieure. Tout porte à croire que les êtres de
ce plan, qui est, évidemment, aussi le mien d'ailleurs, ne sont pas capables de
simplement croire en eux-même. Or, il est vrai que des puissances supérieures
peuvent se manifester sur diverses sphères d'influences du plan matériel, et
ce, par le biais de failles planaires. Les différentes espèces cognitives du
plan matériel portent donc une foi envers des puissances de plans différents
du leur et, en retour, ils en reçoivent une énergie pouvant être canalisée
en différents sortilèges, s'ils savent la manipuler avec soin. La puissance de
leur foi est par le fait même transférée aux entités des autres plans et, si
je ne m'avance trop, servirait à maintenir la faille planaire ouverte. Faille
restreinte bien entendu, qui ne couvrirait que la sphère d'influence de la
divinité (à noter que le terme divinité n'est pas utilisé correctement ici,
il s'agirait plutôt d'une entité extra-planaire, que l'on nomme généralement
entité démoniaque. Il ne faut pas avoir une peur exagérée du mot démoniaque,
ce n'est qu'à titre de forme de vie différente de la nôtre).
Quant
à ce qu'il en est de l'emplacement physique des failles planaire dans le plan
matériel, elles sont tout simplement inexistantes au premier coup d'œil. Une
faille n'est pas une entrée visible et tangible normalement par les êtres du
plan matériel. Le fait que j'eus fait usage du mot " normalement "
dans la phrase précédente ne reflète pas le fait qu'il existe des personnes
étant plus susceptibles que d'autres de les voir, car de tels êtres, il n'en
existe pas. Cependant, il est possible par le biais d'incantations et de cérémonies
de distinguer de vagues bribes d'informations pouvant nous permettre de voir par
le biais de légères ondulations (un peu comme si l'on regarderait à travers
une faible fumée) l'emplacement d'une faille planaire. Une faille possède un
emplacement qui est le même dans le monde pour tous les plans, la taille de la
faille est d'autant plus grosse que lorsque son créateur est puissant. Les
failles les plus grosses peuvent avoir 20 mètres de large par 40 mètres de
hauteur. Une faille, étrangement, ne possède aucune épaisseur, pas même la
plus petite mesure, elle n'en a tout simplement pas. Le pourquoi de la chose est
du domaine du mystère pour tous les chercheurs. De tels emplacements pourront
être rendus visibles par des incantations dans tous les plans ayant été
choisis par le créateur de la faille. Des failles peuvent faire le lien entre
plusieurs plans, mais plus il y a de plans inter-reliés par la même faille,
plus l'influx divin pouvant s'y propager sera diffus. Les plans ayant pour but
de contrôler précisément les sphères d'influence du plan matériel ne feront
généralement que le lien entre deux plans, soit celui de la divinité et le
plan matériel.
Lorsqu'une chose quelconque pénètre dans une faille (objet ou être vivant), elle se retrouve dans un endroit que l'on nomme lieu inter-planaire. L'environnement pouvant se faire observer en ce lieu est très aléatoire, parfois il se pourrait que ce soit ressemblant à une belle et jolie forêt, tandis qu'au passage suivant, l'endroit ressemblerait à un relief volcanique. Il est très improbable que l'on trouve un jour ou l'autre une réponse au pourquoi des changements environnementaux pouvant survenir dans les lieux inter-planaires. À coup sûr, tout espace inter-planaire comporte au moins deux entrées (ou deux sorties, pour ceux voyant les choses en ce sens, voir une entrée et une sortie, pour d'autres) menant chacune à leur plan respectif. Lorsque la faille émet une brèche dans plus de deux plans, il y aura autant d'entrées, que de plans subissant la faille. L'étendue de l'environnement du lieu inter-planaire peut aussi avoir une taille plus ou moins grande. Parfois, ce ne sera qu'un hectare, tandis que d'autres fois ce sera une étendue quasi infinie. Il est évident que plus l'étendue est vaste, plus la chance de trouver les entrées est moindre. La taille de l'étendue dépend exclusivement du pouvoir du créateur de la faille, plus il est puissant, plus l'étendue sera grande. Il est observable qu'à l'intérieur de ces lieux inter planaire règne une faune et une flore caractéristique. La faune et la flore formeront une sorte de dégradé d'aspect entre les différentes entrées se trouvant dans cet endroit. C'est généralement par cette variation de faune et de flore que les explorateurs téméraires réussiront à se trouver un chemin entre les différents plans.
L'obtention
de la sphère d'influence d'une entité démoniaque est encore à ce jour un
sujet mitigé, compliqué et tout probablement à jamais inconnu. Certains
penseurs envisagent le fait que la faille, à sa création, perturberait
certaines valeurs fondamentales du plan matériel et changerait ce qui était
jadis une constante en variable. D'autres idéologistes mettent sur la sellette
le tempérament de la puissance démoniaque à la création de la faille, qui
incorporerait la sphère d'influence à la puissance en question. Or, il reste
que ce domaine de recherche est très abstrait et que, peut-être, même la
puissance en question ignorerait le processus d'attribution de sphères
d'influence. La sphère d'influence acquise par le biais de la faille restera en
possession de l'entité démoniaque tant et aussi longtemps que celle-ci réussira
à maintenir la brèche planaire ouverte. Il n'a pas été relaté, quoique les
plus vieux écrits sur le sujet ne datent pas de très longtemps, qu'il y eut déjà
un changement de maître de sphère d'influence. Cependant, il n'est pas à négliger
le facteur de croyance, une puissance sans croyant ne pourra pas garder une
faille planaire ouverte et perdra sa juridiction sur le secteur de sa sphère
d'influence. Ce serait en ces temps obscurs que surviendraient des cataclysmes
sur la sphère d'influence voyant sa faille se fermer brusquement. Certains
savants avancèrent que ce put être ce phénomène qui aurait entraîné la
chute de Terre d'Exil aux mains de créatures de la nuit.
Il
n'est pas à laisser pour compte le fait que n'importe quelle entité démoniaque
puisse créer une faille, seulement, celle-ci doit avoir la puissance requise
pour l'ouverture et, par la suite si elle le désire, la maintenir ouverte. Il
est dit que plus une faille planaire est maintenue ouverte longtemps, plus les
effets seront dévastateurs à sa fermeture. Car, il n'est pas rare (quoique ce
ne fut pas observé souvent) qu'une entité démoniaque (pouvant être amicale
ou hostile face aux êtres du plan matériel, il n'est pas vrai que tout démon
est forcément hostile) franchisse le seuil de son plan pour pénétrer dans un
autre. Comme pour toute faille, une sphère d'influence serait attribuée à son
créateur et un certain pouvoir lui serait attribué sur sa sphère d'influence.
Sphère pouvant, à l'occasion, couvrir le même champ qu'une autre déjà présente.
Il n'est pas impossible que deux entités démoniaques convoitent la sphère
d'influence de la nature, par exemple. Or, de tels affronts à l'autorité du
rival engendrent la plupart du temps des hostilités entre les deux créateurs
de failles planaires. Puisque les détenteurs du pouvoir des principales sphères
d'influence ont sous leur joug un nombre considérable de fidèles, il est quasi
impossible de songer à détrôner une entité démoniaque siégeant sur son
domaine de juridiction depuis très longtemps.
Somme toute, l'accès au pouvoir d'ouverture de failles planaires que ces entités démoniaques peuvent avoir découle directement de leur savoir et connaissances sur le domaine. La puissance physique n'a qu'un très faible impact sur la capacité de création de brèche de plan. Il est très difficile d'avoir une connaissance approfondie sur le sujet, car dans le plan matériel, que très peu d'expérimentations ont su se dérouler avec succès sur l'ouverture de failles planaires. L'explication de cette lacune au niveau du savoir sur la communication inter-planaire s'explique principalement par l'aspect générationnel divergeant entre les plans. Il fut étudié par le passé que les entités vivant au sein de plans autres que le plan matériel auraient apparu il y a de cela un nombre quasi incalculable de millénaires. En comparaison à ces entités cognitives ayant eut un temps d'évolution extrêmement long, nous, êtres du plan matériel, ne sommes qu'une espèce primitive quant à l'étude des phénomènes planaires constituant le monde. À ce titre, la création de failles par les êtres du plan matériel est, théoriquement, irréalisable. Les seules expérimentations ayant trait à l'étude de ces phénomènes n'impliquèrent pas la formation directe d'une faille planaire, mais la manipulation d'entités démoniaques provenant d'autres plans. En fait, notre seul recours face à la création de failles serait de demander à une entité démoniaque de le faire à notre place. Voilà donc où en seraient nos expérimentations sur le sujet.
Sur
une veine de raisonnement un peu différent, il est démontrable que toute forme
de vie tenant comme lieu de résidence ce monde et ses divers plans (Car il n'y
a aucune preuve quant à l'existence ou la non-existence d'autres mondes à ce
jour) ne possède pas un degré d'immortalité tel que nous pouvons l'imaginer
en ce plan. Toute forme de vie, et ce peu importe sa provenance planaire, fait
face à une longévité quelconque. Plus directement, toute entité vivante peut
périr face aux contraintes du temps. À ce stade, le raisonnement n'en est que
primaire, car il tient de la logique. Par contre, là où ce raisonnement tire
sur l'incompréhensible est lorsque l'on mêle à cet axiome le plan des êtres
morts. Comme je l'eus écris précédemment dans ce traité, tout être mortel
se trouve à mourir un jour ou l'autre et à sa mort, son âme viendrait à
quitter son corps et son plan afin de se rendre vers un autre (phénomène lié
au changement des sens de l'entité, une âme possède par définition des sens
différents d'une entité physique). Cependant, selon l'axiome de la longévité
de toute forme de vie (à noter qu'une âme est aussi une forme de vie,
spirituelle de surcroît, mais forme de vie tout de même), les entités du plan
des êtres morts doivent aussi un jour ou l'autre faire face à une forme de
mort. La mort d'une âme est, bien entendu, un phénomène plutôt compliqué à
étudier, car rares sont les âmes étant revenues pour nous expliquer tout
cela. Néanmoins, certains contacts ont pu révéler certains éléments de
preuves. En théorie toujours, lors de la mort d'une âme, celle-ci subirait
aussi un détachement corporel et spirituel, donc, l'âme de l'âme se
dirigerait vers un plan (rendu visible par les nouveaux sens impliqués dans la
nouvelle entité) à cet effet. Par ces faits, il ne serait pas absurde de
croire que nous-même, forme de vie du plan matériel, somme le produit du détachement
d'une entité vivante d'un autre plan.
Ce
que nous appelons divinité, possède donc nécessairement une longévité
quelconque, dont la longueur nous est tout à fait inconnue. Certains experts en
la matière font le rapprochement entre la mort d'une divinité et certains
cataclysmes survenant en sa sphère d'influence. Les effets de la mort d'une
divinité seraient similaire, pour nous, êtres du plan matériel, aux effets de
la fermeture d'une faille planaire. Définir le pourquoi du comment de la mort
d'une divinité peut s'avérer une rude tâche, car au sein des autres plans, la
mort ne frappe pas nécessairement de la même façon que dans le plan matériel.
À titre d'exemple, en certains plans, les émotions ressenties par le biais des
sens pourraient être si fortes, qu'une dose trop importante de celles-ci
pourraient mener à une mort prématurée.
Quant à la nature de la dose imposante d'émotions ressenties par les entités
démoniaques de certains plan, elle est totalement incertaine. Encore une fois,
certains penseurs imaginent des théories sur la matière, mais faute de
preuves, ces théories ne sont que très peu envisageables et seront donc
exclues de ce traité.
Là
où tout est laissé à l'inconnu total, est la fin de cette chaîne d'âme d'âme.
Par extrapolation, il serait pensable de croire certains scénarios, soit celui
que plus les stades de détachement spirituels (soit la mort, avec le détachement
de l'âme) se cumuleraient, plus l'entité produite serait pure. Cette pureté
amènerait une certaine élévation spirituelle et mènerait l'on ne sait pas
trop où. À ce sujet, certains prétendront que la fin de toute entité serait
le néant, vu la substance de matière considérable perdue à chaque changement
de plan par la mort. D'autres affirmeront que la béatitude spirituelle serait
la destination finale de toute âme. Quoi qu'il en soit, rien ne permet de
prouver efficacement la destination ultime de tous et chacun.
Jusqu'à
présent, il a été fait état en ce traité de la relation puissance-fidèle
et du lien les unissant, je vais maintenant tenter d'orienter l'explication sur
les pouvoirs des entités démoniaques sur le plan matériel. Qu'on se le tienne
pour dit, les entités démoniaques (qui sont, à titre de rappel, ce que nous
appelons communément " divinités ") ne sont pas exclues de l'emprise
que la mort peut avoir sur un être vivant. Il m'est trop souvent venu à
l'oreille le fait que l'ouverture d'une faille planaire confère à son créateur
un statut d'immortalité. Faux serait un tel raisonnement, car dans le passé,
de malheureuses altercations entre certains démons et les êtres du plan matériel
ont pu prouver que le créateur de la faille planaire n'était absolument pas
immortel. Le contraire aurait été la destruction des êtres de ce plan par un
seul démon, ce qui ne fut, heureusement, pas le cas. De ce fait, une entité démoniaque
jouera la plupart du temps la carte de la prudence lorsqu'une situation
dangereuse se présentera. Puisque, comme il le fut écrit dans ce traité, le
passage dans une brèche planaire est la chose la plus aléatoire qui puisse
exister en ce monde, les entités démoniaques créatrices de failles planaire
ne les franchiront jamais. Il serait catastrophique qu'une entité démoniaque
ayant mainmise sur une sphère d'influence depuis très longtemps tente, un beau
jour, de faire le transfert de plan et qu'elle périsse de ce fait.
À
défaut de passer personnellement dans la brèche planaire, les entités démoniaques
régissant une sphère d'influence emploieront plutôt des émissaires du plan
matériel ou de leur propre plan, au besoin. Lorsqu'un émissaire d'un plan démoniaque
est délégué pour faire le voyage de plan en plan, il saura qu'il l'est pour
le restant de ses jours et ce, peu importe ce qu'il adviendra. Une fois le
voyage effectué avec succès, il n'y aura plus aucun retour possible pour lui,
le risque étant trop élevé. Un tel émissaire démoniaque sera nommé avatar
et sera investi d'une puissance se rapprochant de celle de sa " divinité
" elle-même. L'avatar pourra prendre plusieurs aspects et sera généralement
celui qui fera office de divinité dans le plan matériel. Il sera du ressort de
l'avatar de prouver l'autorité d'une entité démoniaque créatrice de failles
planaires sur sa sphère d'influence. Cependant, les avatars ont tous pour mot
d'ordre la discrétion. Leur présence dans le plan matériel peut susciter un
engouement de la part des fidèles de la divinité qu'ils représentent certes,
mais leur découverte peut aussi devenir la source de guerres religieuses dans
le but de capturer l'avatar mis à jour. La mort ou la capture d'un avatar
constitue une perte de moral et de croyance considérable chez la religion ayant
subi un tel affront. Cette mort à elle seule peut faire croire à des fidèles
que leur divinité est morte et qu'il n'est donc plus nécessaire de la vénérer.
La perte de croyants suivant cette perte entraînera un jour ou l'autre la
fermeture de la faille planaire et perturbera la sphère d'influence de la
divinité comme il se doit. De ce fait, un avatar peut prendre une forme tout à
fait innocente ou faire usage de ses pouvoirs pour prendre un aspect plus
imposant. Néanmoins, très rare il fut relaté dans l'histoire qu'un avatar se
fit reconnaître en tant que tel, car les conséquences de la fermeture d'une
faille sont trop désastreuses. Il est aussi à noter que toute entité démoniaque
ne peut avoir qu'un seul avatar, car si plusieurs il y a, les pouvoirs leur étant
conférés seraient trop faibles et leur capture serait d'autant plus facile.
Lorsqu'une entité démoniaque usera d'un être du plan matériel comme émissaire,
celui-ci sera nommé prophète et un lien étroit sera créé entre lui et sa
divinité. Les prophètes ont pour but de tenir les croyants sur la bonne voie
et auront donc l'aide nécessaire de la part de leur divinité.
Bien
qu'il ait été amené en ce traité que toute entité démoniaque puisse créer
une faille planaire s'il en a les connaissances et le pouvoir, la création de
plusieurs failles par la même entité démoniaque peut porter problème. Bien
qu'une telle réalisation ne soit pas impossible, son élaboration peut être
sujette à une difficulté énorme. En fait, seulement une seule réalisation de
ce type se fit observer depuis l'aube des temps, une petite mise en contexte est
donc de mise afin de comprendre les subtilités de cet exploit.
Il
y a de cela un temps dont le souvenir n'est plus en aucune mémoire, le temps et
l'espace étaient deux variables tout à fait indépendantes. Les objets
pouvaient se déplacer en n’ayant aucune dépendance envers le temps, ce qui
rendait la notion de vitesse totalement inconnue. De la même manière, le temps
pouvait défiler sans prise en compte du passé, du présent et de l'avenir, car
ils étaient tout trois inters reliés. Même en de telles circonstances, des
formes de vie (il est difficile de se représenter la vie sans notion d'avenir
et de passé, mais pour les besoins de la cause, il sera impératif d'y croire)
pouvaient se faire apercevoir. Un beau jour, une de ces formes de vie décida de
mettre en marche l'ouverture de plusieurs ouvertures planaires, afin d'en saisir
les moindres détails. L'une de ces failles fut celle engendrant la sphère
d'influence de l'espace et l'autre fut celle investiguant son créateur du
pouvoir sur la sphère d'influence du temps. Depuis ce jour, ces deux sphères
d'influences sont étroitement reliées et le monde changea afin d'être en règle
avec les nouvelles lois ayant fait surface. Dès lors, la création de failles
impliquant les sphères d'influences de l'espace et du temps sont indivisible,
car leur scission est à présent devenue impossible. Tel fut la seule fois de
l'histoire du monde où il fut question de la création de deux sphères
d'influence par la même entité. Il est raisonnable de penser que si un tel
exploit venait à se reproduire, une révolution similaire et la fusion de sphères
d'influences viendraient à se faire observer.
Au
sein des divers plans démoniaques pouvant exister en ce monde, vogue une énergie
omniprésente, à la fois tout et rien. Cette énergie, nous lui avons donné le
nom de Mana. Des recherches approfondies sur la nature et la source de cette énergie
ont été élaborées afin de parfaire le savoir sur ce domaine. Les
aboutissements de ces recherches ont sut répondre à certaines questions, mais
la majorité du questionnement des chercheurs demeure dans le mystère. Le peu
que nous avons put savoir sur cette énergie qu'est la Mana, c'est qu'au même
titre que l'influx divin, elle peut être canalisée en sortilèges quelconques.
Or, aucune foi est obligatoirement nécessaire afin de faire usage de cette énergie,
certains viendront à croire que cette la source de cette énergie doit être
une entité démoniaque d'une infinie générosité de pouvoir, d'autres
croiront que cette énergie est la composition même du monde et qu'elle est là
pour être utilisée. Quoiqu'il en soit, les entités démoniaques nous tenant
lieu de divinité se servent aussi de cette énergie et de ce fait, chez
certains idéologiste, la mana a prit le titre de divinité des divinités. Néanmoins,
puisqu'une foi n'est pas nécessaire afin de s'en servir, certains créateurs de
faille y croiront plus que d'autres, imprégnant de ce fait leur croyance
personnelle à leur sphère d'influence. Depuis que les êtres du plan matériel
sont dotés de mémoire, ils ont remarqué que la nature est généralement une
source plus propice à cette énergie qu'est la mana que les autres sphères
d'influence. De récentes recherches sur le sujet ont aussi révélé qu'il était
exact que la nature était une source très importante de mana. Par corollaire,
il sera pensable de croire au fait que l'entité démoniaque ayant sous son
contrôle la sphère d'influence de la nature puisse avoir une foi particulière
en la mana et la communique à sa sphère d'influence, l'investissant de ce fait
d'une composition particulière de cette énergie. L'avenir nous réserve peut-être
une entité démoniaque contrôlant une faille de cette sphère d'influence
ayant une foi en la mana moins grande, qui sait.
À
la vue de ce que j'ai écrit à venir jusqu'à présent, je crois qu'une brève
description sur la création des premières religions serait importante. Comme
je l'eus dit au cours de ce traité, les entités démoniaques ayant un pouvoir
sur leur sphère d'influence peuvent y faire certaines actions sortant du
commun. Au début des temps, les premiers religieux remarquèrent ces phénomènes
étranges et se dirent alors qu'une puissance infiniment puissante devait avoir
un contrôle sur certains éléments du monde. Sans perdre de temps, ils se
mirent à les vénérer, leur donner des noms, ordonner à ceux les priant avec
eux d'agir selon certains codes et c'est ainsi que les premiers ordres religieux
virent le jour. Plus ils les vénéraient, plus ils ressentaient une forme de
pouvoir les envahir. Le jour vint, où par le biais de ces pouvoirs, ils purent
reproduire certaines prouesses qu'il leur était possible de voir dans le monde.
Les religions se mirent alors à se créer un peu partout sur les landes de
Profania, certaines se spécialisant plus envers certaines sphères du monde que
d'autres. Rapidement il fut observé que les religions se voulant générales
n'apportaient que très peu de pouvoir à leurs pratiquants, tandis que les
religions vouant culte à un domaine en particulier se voyaient conférer des
pouvoirs grandioses. Les religions se penchèrent donc plus spécifiquement sur
certains éléments du monde les entourant, se faisant la guerre à l'occasion,
afin de prouver qu'ils avaient trouvé l'aspect leur induisant le plus de
pouvoir dans le monde. C'est ainsi que, petit à petit, Profania se peupla de
religions de toutes sortes, certaines plus tolérantes que d'autres à l'égard
des autres religions. À ce jour, je ne puis dire que les différentes religions
de ce monde (plutôt plan matériel) aient cessé de se guerroyer pour prouver
leur supériorité, mais tel va le cours des choses, tout individu tente de
prouver aux autres et à lui-même qu'il est le plus puissant.
Bien
que ce traité se veuille une fidèle représentation de la réalité, certains
se berneront à croire qu'il ne s'agit que de faussetés et que leur divinité
est bel et bien une divinité siègent à un endroit quelconque et se penchant
sur chacun de ses fidèles telle une mère sur ses enfants. Je ne veux
aucunement vous obliger de quelque façon que ce soit à croire ce qu'il aurait
été élaboré en ce texte, loin de là fut mon intention en l'écrivant.
Cependant, je tiens à vous mettre en garde face à ceux ayant une vision du
monde un peu trop particulière et agissant d'une façon fanatique envers leur
religion, car il y en a et en aura encore. À présent, il n'en tient qu'à vous
à faire avancer les recherches sur ce domaine et, au besoin, y consacrer votre
vie.
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Eusiphore Maniquéin, théologien.
Le
théologien Eusiphore Maniquéin fut assassiné deux mois après son écrit
intitulé Divinité et Religion. Suite à son arrestation, son assassin affirma
: " Il fallait que quelqu'un le fasse, ça a adonné que ce fut moi ".